WINDIGO CONTRARY

Windigo contrary, l'esprit qui fait les choses autrement, qui n’obéit à rien d’autre que sa propre nature. Une façon d'être au monde toujours controversée et qui ne s'inscrit dans aucun moule.
Manon Lacelle porte en elle l'amour des amérindiens, de leur sagesse et leurs traditions orales. (la tradition orale des Mi’kmaq d’Elsipogtog.)
Au rythme de son tambour, elle nous rapproche de l'âme amérindienne et des Premières Nations.
C'est sur les îles-de-la-Madeleine (archipel du golfe St Laurent au Québec) que Catherine Gaillard et Myriam Pellicane rencontrent Manon Lacelle à l'occasion du Festival « contes en îles ».
Intensité des paysages, puissance organique de la nature, ces trois femmes de parole vivent des instants mémorables, mystérieux, qui les frappent au cœur de leur pratique de conteuse.
Toutes les trois célèbrent une humanité enfouie sous les cendres de l'Histoire, celle qui conte pour se souvenir et souffle sur ses vieux savoirs comme sur des braises.

Ce spectacle a été crée en mai 2018 pour le Festival la Cour des Contes à Plan les Ouates en Suisse et pour le Festival des Arts du Récit en Isère.

La direction artistique est assurée par DIDIER KOWARSKY 




Photos de Daniel Estades

"Windigo Contrary" ne s’inscrit dans aucun genre particulier, ni spectacle ethnique, ni cérémonie rituelle, ni manifeste féministe ou humanitaire, etc… Il résulte de la confrontation impromptue de la sensibilité et de la manière de trois femmes artistes impliquées personnellement dans trois formes singulières de combat pour le progrès.
    C’est une confrontation de points de vue sur le Windigo, personnage récurrent de nombreuses traditions amérindiennes.
    Le Windigo c’est celui qui au sein d’une tribu ou d’un groupe, fait les choses à l’envers. C’est le personnage dont la moitié des membres du groupe dit "Il est fou : il fait TOUT à l’envers !" et l’autre moitié dit : "Il est sacré : il fait TOUT à l’envers." Le Windigo marche à l’envers, raisonne à contrario, se comporte en trouble-fête. C’est celui qui met le grain de sable dans les rouages de nos attitudes convenues. C’est un tueur de notre part de bienséance : le Windigo nous dé-visage.

    Catherine, Manon, Myriam, issues d’horizons radicalement différents, ont apporté chacune un matériau choisi, pour composer un discours exploratoire mêlant le geste et le mouvement, le son, le cri, la parole et le chant. Au fil des quelques journées de travail préparatoire, les fictions se sont naturellement agencées, une géographie des corps en scène a trouvé ses principes et le relais de partenariats fugitifs a conduit l’équipe à cerner l’espace de contradiction célébrant l’esprit du Windigo.

    "Windigo Contrary" introduit le décalage à la faveur duquel chacun, actrice et spectat.rice.eur, peut porter un regard intime et critique sur sa relation au monde.

DIDIER KOWARSKY

Photos de Daniel Estades

Windigo Contrary c’est la parole qui se déploie dans la douceur du coeur, au son du tambour. C’est la peau du bison qui vibre et appelle à la reconnaissance du peuple premier. Une tresse de paroles de trois brins de femmes qui assument cette magnifique puissance d’évoquer la sagesse. C’est un récit bouleversant qui prend naissance sur la plage d’une île, au coeur d’un fleuve puissant et qui aboutit dans les plaines. La relation entre ces histoires ? La force de l’Esprit contraire.

Qu’a-t-il de particulier cet Esprit ? Il est magique et indomptable !  Il fait tout à l’envers ! Il commence par la fin, n’accepte aucun ordre, il est sensible et se préoccupe de tout ce qui l’entoure. Bon... il fait tout à l’envers, mais il est une force magnifique à avoir autour de soi ! Cet Esprit veille sur tous avec force et bienveillance. Il est un esprit libre.

La scène unit ces trois femmes autour du cercle, autour d’un précieux rituel. S’installe alors un rythme, une trajectoire qui se met en résonance avec les cycles de la vie.  

Avec respect et ferveur, Manon, Catherine et Myriam intègrent la puissance du rêve et deviennent l’instant d’un moment, solidaires et admiratives de la sagesse des Premières Nations. L'émotion, les différentes perceptions, le langage et les chants s'harmonisent et déclenchent le voyage intérieur pour le spectateur.

Tous ces discours à nu tirent de l'obscurité des fils de lumière que ces trois femmes tissent dignement en magnifique broderie sur l’étoffe d’une détermination commune: libérer la mémoire.

La présence des personnages incarnés en vieille dame qui accumule les os de baleine, ou en chasseuse de phoques qui se perd sur la banquise au coeur du Saint-Laurent, ou encore cette femme-bison qui rend justice à son peuple. Tous ces personnages réactivent une mémoire ancienne.

Elles se fondent les unes aux autres provoquant la tendresse et l’ouverture d’une certaine conscience... Et si, sans peur et sans reproche, nous nous unissions un instant pour dévoiler aux peuples des Premières Nations toute notre considération ? Nous pourrions démontrer que la scène “intérieure” est le lieu idéal pour demander réparation, souhaiter la grande réconciliation et honorer leur nature et sagesse.

Toutes ces histoires n’ont qu’une voix, celles des femmes qui portent et transforment le monde. “Ainsi, toutes trois, nous avons parlées.” 

MANON LACELLE








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