INTRUSES

Myriam Pellicane et Julie Boitte - Festival les jours sont contés en Estrie - Québec 2019 - INTRUSES - une création pour la Maison des Arts de la Parole à Sherbrooke - Automne 2019 - Julie Boitte et Myriam Pellicane -Ces deux conteuses vont vous raconter des histoires, délicatement.
Entre inspir et expir leurs voix laisseront s’infiltrer le songe pour apparaître dans d’autres paysages.
Elles modifient en nous les images de contes devenues caduques.
A deux, elles se brisent des élans, se mettent des bâtons dans les roues pour renaître sans cesse à la merveille.
Un duo pour dépasser la dualité, s’envoler comme deux oiseaux jumelles et pas pareilles à la fois. Comme la violence invisible du vent qui pousse les nuages..
Aussi délicate que la nonne qui marche sur la queue du tigre..
On va raconter des histoires, des mythes, avec une vision directe et mouvante sur la transparence de l'air..
Les mythes ?
certains les délogent, les violent, les trahissent, les déterrent, les nient, ben nous, on sait qu'ils résonnent dans d'autres mondes, c'est pourquoi on les fait sonner avec précaution... on y voyage comme à l'intérieur d'une pierre précieuse, on y transmute notre sang en lumière..


Texte: Claire Jean
Photo: Marie Simoneau

Définition du dictionnaire : Intrus : Personne qui s’introduit dans un lieu, une société sans y être invitée, attendue, sans en avoir le droit.
Définition plus juste du spectacle : Intruses: personnes, de préférence des femmes, qui introduisent du nouveau dans l’univers de chacune sans y être invitées.
Des vestiges de la nuit de contes de la veille servent d’éléments de décor. Trois oiseaux en origami rouge et crème fabriqués avec des dépliants du festival par un bénévole de la nuit sont accrochés au mur de briques de la salle. Une vertèbre d’animal, suspendue, tenue par un ruban rouge et plus loin un foulard crème, rayé de rouge. Et la soirée commence. On plonge dans un monde de volatiles où tout est volatile…
Julie Boitte, une grue blanche et Myriam Pellicane, un grand héron se titillent l’une l’autre ajoutant une phrase, un bout de chanson ou une partie d’histoire décalée au récit de l’autre. Deux fortes présences qui se déplacent comme des oiseaux, les pieds dans l’eau. Chacune cherche et trouve sa nourriture dans les méandres de la rivière : un cachalot, un taureau, une galette. Par moments, on voit apparaître un oiseau avec des sabots, une femme jaguar, le Minotaure, une vieille femme arabe millénaire, un spectre de femme « je suis enfermée ici pour un temps indéterminé… c’est pire que pour toujours »
Myriam coud à la main les grands morceaux d’histoires rouges et Julie ajoute dentelle, broderie, poésie, aux robes de sang cousues par Myriam. Jamais elles ne se touchent, mais il se dégage de leur travail une complicité intrusive aux allures fusionnelles et quand la soirée prend fin, Myriam Boitte et Julie Pellicane redeviennent Myriam Pellicane et Julie Boitte…






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