PAROLES



Bonne fête des morts
À tous les enfants qu’on a perdu, à tous nos parents partis aux pays des morts, à tous ceux qui ont été vaincus, à là grand mère barbue qui habite dans la lune, à la beauté intersidérale de notre lien avec Dame la Mort, aux Dieux animaux dans les cavernes, et à ce que murmure la mante religieuse dans mes cheveux...
Depuis Langres, festival diseurs d’histoires, oct/nov 2018.
Toile : Leonora Carrington
Les Diseurs d'histoires, résidence 2018, Haute Marne, Oct/nov 2018 pour le Festival. Merci à Michèle Moilleron et Emmanuelle Millère, à tous les publics croisés dans les villes et les villages : Chalindrey, Langres, Nogent, Vaillant, Chevillon...


Yoga égyptien... en cours..
"la Mort est aujourd'hui devant moi
comme la guérison après la maladie
comme la première sortie après un accident

la Mort est aujourd'hui devant moi
comme l'odeur de la Myrrhe
comme le fait de s'asseoir sous la voile, un jour de vent

la Mort est aujourd'hui devant moi
comme le Ciel qui se dévoile
lorsque l'homme découvre qu'il ne savait pas"

Extrait d'un Chant du Peuple de la Vallée
Ancienne Egypte




"à t'écouter chanter, j'ai compris l'autre soir que ma langue n'avait plus la simplicité de parler avec le monde à voix haute. Même quand tu te tais, il y a autour de ta parole ce grésillement du contact, d'une mutuelle attention."
" En t'écoutant, j'ai l'impression de voir germer les contes à l'oeil nu. La langue dans laquelle tu me plonges est bien plus vaste que l'homme, un verbe palpitant et contagieux dont je pressens qu'il fut aussi le nôtre, avant l'invention de l'écriture.
Ici les mots trottent encore en liberté, comme s'ils venaient à peine de surgir, ou que leur sens en mutation, leur vibration diffuse n'appartenaient pas seulement à l'homme mais à tout ce qui l'entoure."
cette collection Haute Enfance chez Gallimard est fameuse.
L'enfance de l'homme tigre en forêt amazonienne est un ouvrage édifiant.


C'est l'histoire d'un enfant qui a pécho un petit souriceau bleu.
C'était un gosse qui avait encore toutes ses dents de lait, ses oreilles décollées et ses premiers cheveux, il était frêle comme le souriceau bleu mais déjà chasseur, la classe...
Le petit souriceau lui a dit : "ne me tue pas mainant, stp, ma chair est maigre, ma peau est trop fine, attends que je devienne une grosse souris!"
Le gamin lui réponds : "Vas y, tu parles comme si tu étais important"
Souriceau bleu lui réponds : "parce que si t'es petit t'as moins de valeur?".....
heu...
"t'as déjà vu un ours ? non ? ben tant mieux pour toi, t'aimerai mourir aujourd'hui? non ? .... t'es une proie, comme moi...!"
Le gamin lui a dit : " ok, va t'en, deviens une grosse souris et moi je vais essayer de devenir grand et fort et on verra bien si on se recroise un jour..."
Ils se sont séparés, à ce jour, ils ne se sont pas revus, ils sont toujours en train de grandir...

dessin : Taiyou Matsumoto



La solitude, la tristesse, sont des phénomènes très profonds. Ne pas chercher à combler... la peur et l'ébranlement cherchent toujours à combler avec quelque chose de dramatique, de connu. Faut laisser l'inconnu entrer chez nous...la sensation de solitude n'est pas une punition, une exclusion, c'est le sens profond de la vie. Il n'y a rien de personnel, rien de conceptuel. IL faudrait se comporter comme quand on arrive en pays étranger et qu'on ne connait pas la langue..; on écoute, impossible d'analyser. La solitude est bleu, amer, vive, c'est une sensation. Ce n'est pas raisonnable, impossible d'expliquer, il ne faut surtout pas réduire l'inconnu au connu.
Laisser complétement faire, écouter la sensation corporelle, l'approche organique d'une tension ...
Les enseignements du Dragon Vert, shivaisme cachemirien...
Dessin Kazuo Kamimura




6 jeunes gens se sont masqués un jour de fête rituelle. Une fois masqués, ils se trouvèrent 7.
-Quel est celui ci qui est entré sans rien dire ?
Personne ne répondait
Silence
Alors les jeunes gens se sont démasqués, ils se trouvèrent 6.
Ils se masquèrent encore, ils se trouvèrent 7.
Mais qui était le 7ième ? ce masque ?
Vagabonde 2016
Photo Coco Fronsac
Eshun, la nonne zen était vieille, elle a demandé aux moines d'entasser du bois ds la cour. Elle s'est installée dans le bûcher funéraire et elle a demandé qu'on y mette le feu.
Un moine lui a dit : "hey! Eshun, il fait chaud la dedans?"
" quelle drôle de question" a -t-elle répondu et elle est morte.





Vert été, fragile et fou.



Je suis le bouton d'or du printemps, je chante avec les animaux, je conjure les larmes des enfants, je suis ton mensonge le plus secret, fais moi confiance.  ..............Retraite en Haute Marne 2018
entrainement, gestes répétés, incantations répétées, l'état de répétition est l'état de la vie, l'insecte, l'oiseau, le chat sauvage, on répète tous, marcher, danser, ça nous rend joyeux et réceptifs.


Résidence en Haute Marne avec la FDFR 52 et l'association Autour de la terre à Vaillant et Auberive..
La Cigogne Noire avec son dimorphisme sexuel (faut son ADN pour trouver où est le mâle et la femelle), son caractère secret (elle n'aime pas qu'on sache où elle se niche) (et faut pas la prendre en photo pour pas repérer ses planques)
avec son caractère sacré : ici et en Afrique Noire...
La Cigogne Noire ignore les frontières ...Une grande et belle leçon pour nos esprits étriqués (face aux migrants, aux exilés...) La Cigogne Noire passe du coq à l'âne dans ses voyages.... là bas elle côtoie les Marabouts et les crocodiles, ici elle ne mange que les poissons non pollués des rivières.... elle va là où on lui fout la paix..est ce que c'est elle qui doit nous réapprendre à vivre? à renouer entre le sauvage, les cultures humaines....La Cigogne Noire nous inspire les plus belles danses, les plus beaux chants, les plus belles histoires...
Merci à Jean-Jacques Boutteaux, de l'ONF et de la Ligue de Protection des Oiseaux.  Dessin Laurence Loutre Barbier


2018 - Prison de Limoges ....Quand on raconte en maison d'arrêt, bien entendu le secret est total .. tout ce que je peux dire c'est que j'ai rencontré des humains au cœur ouvert, insolents mais sans aucune arrogance..des contemplatifs au silence assourdissant, désabusés et fiers tout à la fois... des hommes et des femmes calmes en apparence mais qui ont dans le corps des loups noirs, des lionnes, des fauves indomptables : c'est important, me semble t il qu'il faille les reconnaître, ces fauves là sont bien mes frères et sœurs ....
Merci au Festival Coquelicontes ( oui oui il en avait un qui avait un grand père fumeur d'opium raconteur de bébés fantômes pleurants dans les rizières)
Dessin Furuya

Toulouse avec Fred Naud, conteur

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