LE CONTE ! Paroles


Musiques populaires, une épopée française, à écouter:

Histoire du dimanche
"Blaireau man c'est un chef.
Un jour une bande de filles lui ont piqué tous ses poils pour se faire un tapis volant magique.
Bon, ça c'est une longue histoire.
En attendant, écoutez bien ça : Blaireau était marié avec une autruche.
Tous les deux faisaient la guerre à un super héros qui s'appelait "Satan va t'faire foutre".
L'autruche, sa femme, avait un bec avec des gros trous de nez.
Dans ses trous de nez, y'avait des poils, quand ils partaient au combat, elle soufflait par le nez et tous ses poils devenaient des lances, comme des cures dents, mais en plus grands. D'ailleurs, elle avait offert à Blaireau-man le plus gros de ses poils de nez, il l'a toujours gardé, c'est devenu sa lance magique..
Mais Super héros Satan FTF avait lui aussi des armes, c'était des aiguilles à tricoter de sa mère-grand, et ces aiguilles à tricoter, au bout, faisaient de la lumière.
Une nuit, Blaireau-man et sa femme l'autruche ont fait l'amour.... l'Autruche a enlevé ses pattes, c'était plus pratique... alors voilà : Super héros Satan FTF lui a volé ses pattes... elle aurait du les attacher avec une chaîne à vélo, un truc comme ça..
Super Satan FTF a vendu les pattes de l'Autruche aux types de chez Lancel pour faire des sacs à main.
Maintenant l'Autruche ne pouvait plus marcher, elle était désoeuvrée alors elle a pondu un oeuf, mais Super Satan FTF lui a cassé son oeuf avec ses aiguilles à tricoter... Blaireau-man a recollé les morceaux.... maintenant avec l'Autruche ils avaient un bébé tête d'oeuf mort pour l'éternité. Ils ont passé des moments très difficiles. Un jour Blaireau-man est parti au Japon faire un stage chez les Tanukis. Quand il est rentré chez lui, c'était un champion kung-fu, il avait développé des testicules énormes.
Super SAtan FTF ne pouvait plus l'attaquer, c'était trop dangereux.. parce que Blaireau pouvait gonfler ses testicules qui devenaient aussi grosses qu'un immeuble et tu pouvais te faire broyer là dessous. (...)"
ABDOU 2015
La tradition orale est un moyen de connaissance, un des plus merveilleux, il a mauvaise réputation: il trouve sa source sur la route, les conteuses sont des vagabondes qui nagent dans les eaux profondes de l'inconnu social...... Ce qui vibre dans les contes c'est l'or pur des légendes aussi bien que le souffle monstre du forgeron... Ce qu'il contient aussi c'est l'art de rêver : nous ne sommes pas ce que nous mangeons, ni ce que nous pensons, nous sommes ce que nous rêvons. Le conte est un outil de rédemption. Ce que le conteur préserve c'est la source fraiche de la connaissance direct, formée de mille courants à l'état sauvage. Ce qui compte c'est de retrouver le courant souterrain d'un esprit en accord avec sa chair. Sous l'extravagance, il y a cette réalité grave, cette ultime terrain de jeu, cette expérience stupéfiante de l'instant.

Myriam Pellicane



"Myriam Pellicane a l’art de la parole en folle-sagesse. Baroque ou gothique, avec ses costumes et ses coiffures elle est déjà à elle seule, tout un univers. Cet univers se déploie pour emporter le public vers une puissante et surprenante traversée ici ponctuée de sang, de chair, de romance, de quête et de facéties…"



"Myriam Pellicane nous offre deux très belles histoires à écouter et à savourer : le pivert | la femme qui pêche
J'ai croisé son chemin lors du festival conteurs en campagne cette automne dans une petite église. Un moment hors du temps... la parole est magique quand elle est portée par une conteuse dans l'âme... et l'humour rend les choses plus légères, tout en parlant vrai. Car il y a toujours une petite part de vérité dans les histoires, demandez au conteur !

Plus que jamais, nous avons besoin des artistes pour réinventer le monde, être en mouvement… Ne l'oubliez pas !
pour écouter, c'est sur le lien:


L'engagement de la conteuse est un engagement qui se manifeste avec le corps en jeu, son discours n'a pas à émettre une opinion, elle veille à conserver intact un état de perception, voir est primordial, elle a quitté les machines à fabriquer la pensée, il n'a pas à être raisonnable.
Pour ça il lui faut se débarrasser de sa culpabilité, vivre des expériences de magicienne, pour atteindre cette parole généreuse, qui s'adapte, qui a du coeur. On se fout de ce que les bien pensants nomment réalité, la conteuse la trahit sans cesse car la réalité du monde passe par des faisceaux d'énergies qui bougent sans cesse, elle est organique, sensible, elle est conçue pour le voyage.

Myriam Pellicane
"Si tu as de la lumière, ne la colle pas dans la tronche de celui qui n'en a pas car il y verra que d'tchi" dessin Kazuo Kamimura

Le conte traditionnel ne s'inscrit pas dans un ordre établi : il est amoral, déraisonnable et frondeur.
Le mythe, la légende, le conte et la poésie, par la mise en question de la condition et de la destinée humaines, sont au cœur de l'engagement personnel. Le territoire de la tradition orale peut ainsi se révéler être le champ d'une profonde confrontation politique.




Les contes merveilleux sont des cartographies, ils sont fait pour jouer dans le noir : quand la conteuse raconte, elle voit des choses, entends des sons, marche sur des chemins imprévisibles...
Raconter pour moi est une occasion de redécouvrir un pan du répertoire traditionnel inconnu.



À tous les enfants qu’on a perdu, à tous nos parents partis aux pays des morts, à tous ceux qui ont été vaincus, à là grand mère barbue qui habite dans la lune, à la beauté intersidérale de notre lien avec Dame la Mort, aux Dieux animaux dans les cavernes, et à ce que murmure la mante religieuse dans mes cheveux...

Toile : Leonora Carrington




https://vimeo.com/45236474






Raconter, avec ses mélodies étranges en sous-discours, qui parfois émergent en bribes chantées ou psalmodiées, ses héros et héroïnes illégitimes, ses incantations « dont les significations latentes déroutent le désir d'interprétation » Nicole Belmont

Le conte merveilleux se déroule le plus souvent dans un univers familier jusque dans l'au-delà et la fantaisie. Cette façon de dire où la poétique vient « altérer », rendre autre, avec ce que René Char nomme son « énergie disloquante » Nicole Belmont


Peut-être faut-il, pour les siècles qui viennent, s'obstiner à faire du conte afin d'introduire dans le monument blanc du futur un peu de nuit des temps, un peu de temps nocturne.

Pourquoi raconter des histoires?
http://www.artsdurecitwebdoc.com/#La_r%C3%A9ponse_des_conteurs_2016_



Les mythes nous rappellent que nous sommes tous des enfants de la légende.
Leur mise en jeu peut révéler des moments sublimes et des trappes.

Ils touchent au frisson, cet état d'enfance où cohabitent la peur et la jubilation.

 
Le conte est contestataire par nature, il est anticonformiste, transgressif, il n'est pas question de morale, c'est un outil de finesse et de communication pour celui qui raconte.

Les écureuils ne vont pas à l'école
faut pas pousser
entendu dans un débat sur le conte


Danse ! quand tu es mortifiée, c'est dans le champ de bataille que la guerrière danse, libre de l'emprise du moi, elle tournoie et chante, quand elle échappe à sa propre importance, elle danse!
Les Diseurs d'histoires, résidence 2018, Haute Marne, Oct/nov 2018 pour le Festival. Merci à Michèle Moilleron et Emmanuelle Millère, à tous les publics croisés dans les villes et les villages : Chalindrey, Langres, Nogent, Vaillant, Chevillon...


Yoga égyptien... en cours..
"la Mort est aujourd'hui devant moi
comme la guérison après la maladie
comme la première sortie après un accident

la Mort est aujourd'hui devant moi
comme l'odeur de la Myrrhe
comme le fait de s'asseoir sous la voile, un jour de vent

la Mort est aujourd'hui devant moi
comme le Ciel qui se dévoile
lorsque l'homme découvre qu'il ne savait pas"

Extrait d'un Chant du Peuple de la Vallée
Ancienne Egypte



"il faut 100 échecs pour atteindre la cible"
Dôgen Zenji



C'est l'histoire d'un enfant qui a pécho un petit souriceau bleu.
C'était un gosse qui avait encore toutes ses dents de lait, ses oreilles décollées et ses premiers cheveux, il était frêle comme le souriceau bleu mais déjà chasseur, la classe...
Le petit souriceau lui a dit : "ne me tue pas mainant, stp, ma chair est maigre, ma peau est trop fine, attends que je devienne une grosse souris!"
Le gamin lui réponds : 

"Vas y, tu parles comme si tu étais important"
Souriceau bleu lui réponds : 

"parce que si t'es petit t'as moins de valeur?".....
heu...
"t'as déjà vu un ours ? non ? ben tant mieux pour toi, t'aimerai mourir aujourd'hui? non ? .... t'es une proie, comme moi...!"
Le gamin lui a dit : 

" ok, va t'en, deviens une grosse souris et moi je vais essayer de devenir grand et fort et on verra bien si on se recroise un jour..."
Ils se sont séparés, à ce jour, ils ne se sont pas revus, ils sont toujours en train de grandir...

dessin : Taiyou Matsumoto
La solitude, la tristesse, sont des phénomènes très profonds. Ne pas chercher à combler... la peur et l'ébranlement cherchent toujours à combler avec quelque chose de dramatique, de connu. Faut laisser l'inconnu entrer chez nous...la sensation de solitude n'est pas une punition, une exclusion, c'est le sens profond de la vie. Il n'y a rien de personnel, rien de conceptuel. IL faudrait se comporter comme quand on arrive en pays étranger et qu'on ne connait pas la langue..; on écoute, impossible d'analyser. La solitude est bleu, amer, vive, c'est une sensation. Ce n'est pas raisonnable, impossible d'expliquer, il ne faut surtout pas réduire l'inconnu au connu.
Laisser complétement faire, écouter la sensation corporelle, l'approche organique d'une tension ...
Les enseignements du Dragon Vert, shivaisme cachemirien...
Dessin Kazuo Kamimura

6 jeunes gens se sont masqués un jour de fête rituelle. Une fois masqués, ils se trouvèrent 7.
-Quel est celui ci qui est entré sans rien dire ?
Personne ne répondait
Silence
Alors les jeunes gens se sont démasqués, ils se trouvèrent 6.

Ils se masquèrent encore, ils se trouvèrent 7.
Mais qui était le 7ième ? ce masque ?
Eshun, la nonne zen était vieille, elle a demandé aux moines d'entasser du bois ds la cour. Elle s'est installée dans le bûcher funéraire et elle a demandé qu'on y mette le feu.
Un moine lui a dit : "hey! Eshun, il fait chaud la dedans?"
" quelle drôle de question" a -t-elle répondu et elle est morte.

Vert été, fragile et fou.



Je suis le bouton d'or du printemps, je chante avec les animaux, je conjure les larmes des enfants, je suis ton mensonge le plus secret, fais moi confiance. Entrainement, gestes répétés, incantations répétées, l'état de répétition est l'état de la vie, l'insecte, l'oiseau, le chat sauvage, on répète tous, marcher, danser, ça nous rend joyeux et réceptifs.



Nous racontons et l'énigme du monde s'en trouve heureusement augmentée.

"Fais confiance à Dieu, mais attache ton cheval ... "
Elles arrivaient du désert jusque dans ma chambre à Oran, elles racontaient des histoires dont : "Rends moi mon foie!", cette histoire horrifique que j'ai entendu des années plus tard en France, racontée par Fiona Macleod.... Ces vieilles femmes ont fait mon apprentissage, avec tous leurs tatouages, leurs dobs ( lézards du désert), leurs fennecs, leurs bijoux et leur malice, je les aime tant, je leur doit tant.... Elles sentaient fort le savon de marseille avec leur voile si blanc, étranges grands mères qui ont marqué du feu de dieu mon coeur avec leur mystère sans borne et leur terrible vastitude...

Retour au bercail
vive l'anarchie
Lug -la cour des Voraces -


Résidence en Haute Marne avec la FDFR 52 et l'association Autour de la terre à Vaillant et Auberive..
La Cigogne Noire avec son dimorphisme sexuel (faut son ADN pour trouver où est le mâle et la femelle), son caractère secret (elle n'aime pas qu'on sache où elle se niche) (et faut pas la prendre en photo pour pas repérer ses planques)
avec son caractère sacré : ici et en Afrique Noire...
La Cigogne Noire ignore les frontières ...Une grande et belle leçon pour nos esprits étriqués (face aux migrants, aux exilés...) La Cigogne Noire passe du coq à l'âne dans ses voyages.... là bas elle côtoie les Marabouts et les crocodiles, ici elle ne mange que les poissons non pollués des rivières.... elle va là où on lui fout la paix..est ce que c'est elle qui doit nous réapprendre à vivre? à renouer entre le sauvage, les cultures humaines....La Cigogne Noire nous inspire les plus belles danses, les plus beaux chants, les plus belles histoires...
Merci à Jean-Jacques Boutteaux, de l'ONF et de la Ligue de Protection des Oiseaux.  Dessin Laurence Loutre Barbier




2018 - Prison de Limoges ....Quand on raconte en maison d'arrêt, bien entendu le secret est total .. tout ce que je peux dire c'est que j'ai rencontré des humains au cœur ouvert, insolents mais sans aucune arrogance..des contemplatifs au silence assourdissant, désabusés et fiers tout à la fois... des hommes et des femmes calmes en apparence mais qui ont dans le corps des loups noirs, des lionnes, des fauves indomptables : c'est important, me semble t il qu'il faille les reconnaître, ces fauves là sont bien mes frères et sœurs ....
Merci au Festival Coquelicontes ( oui oui il en avait un qui avait un grand père fumeur d'opium raconteur de bébés fantômes pleurants dans les rizières)
Dessin Furuya



Toulouse avec Fred Naud, conteur

Aucun commentaire:

Publier un commentaire